Le Gymnase -CDC de Roubaix, in festival Le Grand Bain

Une danseuse -Mai Ishiwata- entre en courant, comme on s’échauffe et cela se transforme en solo. Les deux hommes arrivent suivis d’une seconde femme -Cécile Loyer. Tout semble incertain; suit une scène de comédie à propos d’une coupure de courant, le tout surjouant l’histrionisme de comédien d’opérette… Pléonasme de pléonasme. Et Cécile Loyer joue à craquer. Mais la gêne qu’exprime Mai Ishiwata, d’un presque rien, possède une puissance étonnante. Elle va se changer pour un solo d’une fluidité gestuelle remarquable. On assiste à une italienne à la table où l’on change le texte, à une caricature de la première scène de la Tempête de Shakespeare, à une épure du jeu théâtrale pour arriver à un quatuor de contact improvisation. Puis Mai reste seule…
Rien n’est vraiment défini, tout est décousu et tout s’enchaîne en désordre : la théâtralité est le leurre d’une imposture. Reste la danse. La pièce procède ainsi à un subtile questionnement sur la nature du spectacle. C’est drôle et l’ironie grince un peu quoiqu’elle suppose de connaître us et coutumes des comédiens.

A noter,
Le premier talent d’un chorégraphe, c’est le casting, on le sait. Cecile Loyer a donc beaucoup de talent car d’Eric Domeneghetty, puissant et proche de la rage, à Eric Fessenmeyer, bloc de mystère compact, en passant par Mai Ishiwata, connue pour être une grande interprète de butor et qui ici brille de subtilité, cette distribution touche à une manière d’excellence.

Une référence,
Cette question de la théâtralité n’est plus tellement d’actualité pour la danse après avoir été au cœur des questions des 70′. Curieusement, aujourd’hui, on voit plus souvent des approches sur la « chorégraphitée » du théâtre… Amusant que ce retournement un peu à contre-courrant.

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