Micadanses; Paris / dans le cadre du festival Fait d’Hiver

L’abord est austère. Plateau nu avec le musicien assurant la régie-son à jardin. Trois duos, comme trois expériences où le chorégraphe étudie quelques notions comme dans un laboratoire. D’abord deux hommes dressés, immobiles tandis que résonne Music for the Funeral of Queen Mary de Purcell. Les interruptions au noir cachent des changements de position, la danse passe un peu au sol et toujours ces figures qui subissent l’assaut des émotions. La seconde expérience affronte deux hommes, l’un et l’autre agité par le saut, l’un sur place ou presque et l’autre qui fait le tour de la scène. Cela n’arrête pas, dégénère en joute et prendre toute la place tandis que la bande-son sature l’espace sonore de pulsations. Enfin, un couple, mais rien de sentimental. Plutôt l’opposition de postures et de corpulences pour une manière d’étude des attitudes de deux corps très différents. Le tout très subtil, composé avec soin, manque un peu d’enjeux dramaturgiques d’ensemble.

A noter,
Plaisir de retrouver Martin Barré, interprète dont le nom est presque un programme : il est bien barré! Son interprétation sautillante du second duo, entre boxeur et zébulon, possède une étrangeté passionnante.

Une référence,
Malgré la différence des propos, on pourra remarquer la proximité de composition avec Arthur Perole (dans le même festival, Scarlett -2015-). Le fait est notable si l’on compare Nans Martin avec Daniel Léveillé qui lui aussi a travaillé la figure du duo. Pour le premier, une danse de la composition et de la corporéïté pour l’autre, comme deux termes à la notion de duo.

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