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Maison de la culture du Japon, Paris

Utt est un solo composé en 1981 par Ko Murobushi avec et pour Carlotta Ikeda. A sa création, ce parcours d’une femme au long de la vie, a marqué comme un modèle de la puissance d’évocation -on oserait dire d’incarnation- qu’offre le butoh et la prestation de Carlotta Ikeda était sidérante. Construit en suite de tableaux très distincts, avec une scénographie symbolique puissante (les paravents blancs; le dais, la pluie de sel), ce solo suit le parcours d’une femme accouchant, bébé, petite fille, vieille, redevenant enfant… Rarement l’affinité du butoh avec tout ce qui meurt a été aussi sensible.
On mesure l’enjeu pour la jeune danseuse, Mai Ishiwata, endossant ce « soliloque sans parole »; la réussite n’en est que plus frappante.

A noter,
Evidemment, Mai Ishiwata. La performance de cette élève du Conservatoire Nationale de Danse de Paris est somptueuse. Il faut en mesurer la difficulté au regard de la différence avec Carlotta Ikeda en tant que créatrice du rôle. Et naturellement mesurer la dimension nouvelle acquise par cette œuvre avec la disparition de sa créatrice en 2014. Utt s’achève au son du Requiem de Fauré tandis que tombe une pluie de sel, ce qui ne peut qu’évoquer la mémoire de Carlotta Ikeda… Sacré challenge d’exister comme interprète dans ces conditions.

Une référence,
La référence, c’est Utt même. A la création, le solo dure quatre heures et il est rapporté à une heure pour répondre au habitude de spectacle européenne. On comprend par là combien ses créateurs voulaient faire de cette œuvre une introduction à l’univers du butoh tandis que Carlotta Ikeda s’installait en France.

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Déroutante succession d’images secouées en tout sens, entre méduses métaphysiques et Lac des cygnes psychédélique, Uchuu-Cabaret, création de Carlotta Ikeda, fonctionne comme une suite de sketchs qui empruntent au butoh un esprit plus qu’une forme. Toute en dérision avec jongleuse d’assiette en toc, strip-tease avortés, pseudo numéro SM, la pièce renoue avec cette origine cachée du butoh, celle des cabarets plus ou moins glauques, érotiques et fauchés. Art de la bidouille, danseuses girondes et peu farouches, jeu avec toutes les limites sauf celle du bon goût allégrement explosé, c’est un art du second degré qui laisse soudain, au détour d’un jeu de fumée plus appuyé, d’une pause plus outrée, le gouffre. La force de ce bazar foutraque, aux charmes inégaux, est dans la surprise de d’entrevoir la weltanschauung au détour d’un téton musardant.